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La Musique oubliée
FESTIVAL BERLIOZ
La Côte –Saint-André
Jeudi 24 août 2006, 21 heures
Château Louis XI
ORCHESTRE DES PAYS DE SAVOIE
Marie Devellereau, soprano
Graziella Contratto, direction
Franz Liszt (1811-1886), La gondole funèbre (orchestration de john Adams)
Hector Berlioz (1803-1869), Les Nuits d’été, op7
Villanelle, Le Spectre de la rose, Sur les lagunes, Absence, Au cimetière, L’Île inconnue
Hector Berlioz (1803-1869), Rêverie et caprice, op8
Richard Wagner (1813-1883), Siegfried Idyll
Le geste tout en rondeur modelant les sonorités lugubres de La gondole funèbre, Graziella Contratto nous plonge dès les premières mesures dans les eaux troubles, prémonition de Franz Liszt, son ami Richard Wagner disparaissait quelques mois plus tard à Venise. Le son, la couleur, les nuances, Graziella Contratto les respire, les maîtrise de ses longues mains expressives qui nous happent, nous saisissent et ne nous lâchent plus. Magnifique. Le temps s’est arrêté.

Orchestre des Pays de Savoie
Pour Les Nuits d’été d’Hector Berlioz, la voix de Marie Devellereau se déploie avec beaucoup d’intelligence et de vivacité. Mais son phrasé, plus proche de la déclamation que de la ligne aboutie, n’atteint jamais la plénitude à laquelle on aspire. Il est vrai que la complicité entre la chanteuse et l’orchestre n’est pas de mise. Les musiciens, peu attentifs aux intentions de son chef, se laissent aller à une monotonie certaine, qui devient fort ennuyeuse en peu de temps. Graziella Contratto ne reste pourtant pas dans l’indifférence, mais le message ne passe plus. Marie Devellereau, s’exprime à l’extérieur de l’orchestre et y restera jusqu’à la fin de l’œuvre.
Graziella Contratto, Marie Devellereau
Il en est de même pour Rêverie et caprice d’Hector Berlioz, où le violon solo anonyme, sortit des rangs de l’orchestre, inconnu du public, joue une partition qui semble l’ennuyer profondément. Là aussi, la monotonie s’installe et renonce à défendre une œuvre, par ailleurs, fort peu intéressante.
C’est avec Siegfried Idyll, courte pièce symphonique de Richard Wagner, que s’achève ce concert. Graziella Contratto, avec un certain talent, beaucoup d’énergie et une grande sensibilité, tente, en vain, de communiquer sa passion à des musiciens souvent dans l’indifférence, se contentant de jouer des notes dépourvues d’âme. C’est plat, c’est vide.
L’Orchestre des pays de Savoie a encore beaucoup de chemin à parcourir. Les compétences de leur chef permettent tous les espoirs, à la condition, peut-être, que les quelques individualités sévissant au sein de la formation soient rapidement remises en cause.
Hervé GALLIEN
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