L’amour décapité (8)
Giaccomo Puccini , Tosca
Conférence du lundi 21 novembre 2005, Aix-les-Bains (Savoie)
par Hervé Gallien
ACTE 2
Rome, Palais Farnèse, chambre de Scapia
14 juin 1800, soirée
Scarpia est à table. Par la fenêtre ouverte, on entend la fête donnée à l’occasion de la défaite de Bonaparte, où Tosca chante la cantate de Paisiello. Scarpia qui l’a fait convoquer, imagine déjà leur rencontre : « La conquête brutale a des saveurs plus vives que l’accord bénévole… Ce qui me plaît, je le pourchasse, je m’en lasse et puis je passe… ».
Spoletta, l’homme à tout faire de Scarpia, n’ayant pu mettre la main sur Angelotti, a arrêté Mario et vient le livrer à Scarpia. Interrogé, le prisonnier nie.
Tosca qui arrive enfin, et comprenant de suite la situation, se jette dans les bras de son amant, qui, le temps de lui glisser à l’oreille : « Ne dis pas que tu vis Angelotti chez moi et qu’il s’y cache, il en va de ta vie… ».
Mario est conduit à la chambre de torture et garde le silence en une superbe polyphonie, avec une progression dramatique étourdissante. Devant les cris de douleur de son amant, Tosca ne peut se retenir : « Dans le puit du jardin, là, est Angelotti ! ».
On ramène Mario à demi inconscient qui comprend alors la trahison de Tosca. Il la maudit.
Tout d’un coup, l’action s’accélère. Un valet annonce qu’à Marengo, c’est finalement Bonaparte qui a gagné. Dans un superbe trio, Tosca implore la pitié de Mario qui chante la victoire de Bonaparte narguant Scarpia qui rage devant ce misérable qui ose l’insulter.
Scarpia ordonne l’exécution de Mario, mais fait comprendre à Tosca, qu’elle seule, peut encore le sauver, en se donnant à lui.
Anéantie, Tosca s’effondre et prie :

Spoletta annonce qu’Angelotti a été découvert et se voyant pris, s’est donné la mort. Pour sauver Mario, Tosca accepte de se plier aux exigences de Scarpia, qui d’un geste se voulant généreux, mais qui n’est qu’une ultime trahison et un dernier mensonge, ordonne une fausse exécution du condamné. Tosca exige alors un sauf-conduit pour elle et pour Mario. Scarpia accepte. Pendant qu’il rédige le document, Tosca s’empare d’un couteau et poignarde son bourreau, lui jetant à la face : « C’est le baiser de Tosca ! ».
Scapia meurt, Tosca se sauve sur les trois accords terrifiants de Scarpia, mais joués cette dernière fois, dans la nuance panipianissimo :

C’est la défaite de Scarpia.