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Waltraud Meier à la Scala de Milan

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L’Isolde transcendée de Waltraud Meier

Richard Wagner, Tristan et Isolde
Opéra en 3 actes

En direct de la Scala de Milan
Arte, vendredi 7 décembre 2007, 19h00, 20h50, 22h40

 

Waltraud Meier, Isolde
Michelle de Young, Brangäne
Ian Storey, Tristan
Matti Salminen, le roi Marke

Orchestre et Chœurs de la Scala de Milan
Daniel barenboïm, direction

Patrice Chéreau, mise en scène

 

waltraud meier

Waltraud Meier

 

Ce fut un double événement sur Arte, ce vendredi 7 décembre, avec l’ouverture en direct de la saison 2007/2008 de la Scala de Milan, et la représentation d’un des plus grands opéras de tous les temps, Tristan et Isolde de Richard Wagner, dans une distribution - en partie - de rêve : l’Isolde du moment, la seule, la plus grande, l’extraordinaire Waltraud Maeier ; un des plus grands chefs d’orchestre actuels, le musicien accompli Daniel Barenboïm ; le metteur en scène le plus imprévisible, celui qui fit scandale à Bayreuth dans une Tétralogie mouvementée et imaginative, l’homme de génie patrice Chéreau.

Ce fut un spectacle magnifique mais malheureusement frustrant, très souvent.

D’abord, et c’est très souvent le cas, frustrant par le manque de talent du réalisateur TV, qui crut bien faire en alternant sans cesse les plans généraux avec les plans rapprochés (voir les gros plans), en intercalant systématiquement un noir, créant ainsi l’inadmissible rupture d’une œuvre toute en continuité, qui ne souffre aucune interruption (même pas celle des entractes) et doit se regarder et s’écouter en un jet unique, projection de l’irrémédiable dénouement.

Les chanteurs furent parfaits même si Tristan, très convenable, n’avait pas sa place au côté de la miraculeuse Isolde de Meier. C’était pour Ian Storey une prise de rôle, et cela sautait aux yeux. Le deuxième acte qui n’est en fait qu’un long duo d’amour, amour total, amour passion, amour fusion, passion totale et irréversible qui conduit à la mort, en souffrit considérablement. L’attitude des amants que l’on attend déchaînée, démesurée, hors de la vie, fut banalisée par un Tristan trop occupé a bien chanter et à regarder le chef d’orchestre, ne pouvant exprimer sa passion sans limite pour son Isolde, qui n’en sera en rien déstabilisée, mais ne pourra se donner à fond, comme à son habitude, dans ce duo superbe et sans limite.

On attendait beaucoup de la mise en scène de Patrice Chéreau. Elle fut belle, beaux décors, belles lumières, mais c’est tout. Aucune audace, aucune imagination, pour ce conte merveilleux, hors du temps, qui permettait toutes les prouesses et toutes les folies humaines.

Daniel Barenboïm, à la tête de l’Orchestre de la Scala, dirigea avec souplesse, profondeur, virtuosité en maître du savoir, nous donnant de ce Tristan, une vision lumineuse et exemplaire.

Les applaudissements du public fusèrent unanimes, redoublant pour Waltraud Meier, espérant un long moment, voir apparaître sur scène, celui qui fut le maître de la soirée, le seul peut-être, le plus grand, le plus extraordinaire, le génie à l’état pur : Richard Wagner.

 

 

Hervé Gallien
8 décembre 2007

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

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